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Poids d'une armure : chiffres réels et idées reçues (Moyen Âge)

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Poids d'une armure : chiffres réels et idées reçues (Moyen Âge)

Une armure de chevalier complète pèse entre 20 et 30 kg, selon l’époque et le type de harnois. Les armures du XVe siècle, comme celles portées par les chevaliers bourguignons, atteignent 25 à 28 kg, tandis que les cottes de mailles du XIIIe siècle oscillent entre 10 et 15 kg. Ces chiffres, issus d’études archéologiques et de reconstitutions, contredisent l’idée reçue d’armures si lourdes qu’elles immobilisaient leurs porteurs.

Poids moyen d’une armure de chevalier (XIIIe-XVe siècle)

Le poids d’une armure varie considérablement selon les époques. Au XIIIe siècle, les chevaliers portent principalement des cottes de mailles, qui pèsent entre 10 et 15 kg pour une protection couvrant tout le corps. Ces armures, composées de milliers d’anneaux métalliques entrelacés, offrent une bonne flexibilité mais une protection limitée contre les coups d’estoc.

À partir du XIVe siècle, l’apparition des plates (plaques de métal) modifie la donne. Les armures “mixtes” (cotte de mailles + plates) pèsent entre 18 et 22 kg. Le harnois complet, apparu au XVe siècle, atteint 25 à 30 kg. Ce type d’armure, comme le harnois gothique ou le harnois milanais, couvre l’intégralité du corps avec des plaques d’acier articulées.

Type d’armurePériodePoids (kg)Composition
Cotte de maillesXIIIe siècle10-15Anneaux métalliques entrelacés
Armure mixteXIVe siècle18-22Cotte de mailles + plates (cuirasse, jambières, cubitières)
Harnois completXVe siècle25-30Plaques d’acier articulées (casque, gorgerin, plastron, tassettes, etc.)

Les armures les plus lourdes sont celles destinées aux joutes équestres. Ces harnois, renforcés pour résister aux chocs, peuvent peser jusqu’à 40 kg. Cependant, ils ne sont pas conçus pour le combat, mais pour des tournois où la mobilité est secondaire.

Évolution du poids des armures du Moyen Âge à la Renaissance

L’évolution du poids des armures reflète les progrès de la métallurgie médiévale. Au XIIIe siècle, la cotte de mailles domine, avec un poids modéré mais une protection limitée. Les anneaux, forgés à la main, sont relativement fins (1 à 2 mm de diamètre), ce qui explique leur légèreté.

Au XIVe siècle, l’ajout de plates en acier améliore la protection sans alourdir excessivement l’équipement. Les premières plates, comme la cuirasse ou les jambières, sont fixées sur un gambison (veste matelassée) ou une cotte de mailles. Le poids total reste sous les 20 kg.

Le XVe siècle marque l’apogée du harnois complet. Les armuriers, comme ceux de Milan ou de Nuremberg, perfectionnent les techniques de forge et d’articulation. Les plaques d’acier, plus épaisses (2 à 3 mm), offrent une protection optimale contre les flèches, les épées et les haches. Le poids augmente, mais la répartition sur l’ensemble du corps permet une mobilité surprenante.

À la Renaissance, les armures deviennent plus légères et plus esthétiques. Les harnois “à l’allemande” ou “à l’italienne” pèsent entre 20 et 25 kg, avec des plaques plus fines et mieux articulées. L’apparition des armes à feu réduit progressivement l’usage des armures lourdes, qui disparaissent au XVIIe siècle.

Armure de chevalier vs armure de soldat : qui portait le plus lourd ?

Les chevaliers ne sont pas les seuls à porter des armures. Les soldats du rang, comme les fantassins ou les archers, sont aussi équipés de protections, mais plus légères.

  • Chevalier : 20 à 30 kg (harnois complet).
  • Fantassin : 10 à 15 kg (cotte de mailles ou plastron + casque).
  • Archer : 5 à 10 kg (protections légères, comme un gambison matelassé ou un casque).

Les mercenaires suisses ou les landsknechts allemands, célèbres pour leurs exploits militaires au XVe siècle, portent des armures similaires à celles des chevaliers, mais souvent moins ouvragées. Leur équipement pèse entre 18 et 22 kg, avec une préférence pour les plates légères et les casques à visière.

Les archers anglais de la guerre de Cent Ans, quant à eux, portent rarement plus de 5 à 8 kg de protection. Leur équipement se limite à un gambison matelassé, un casque (comme le bassinet) et parfois des gants de mailles. Cette légèreté leur permet de tirer à l’arc avec précision même après une marche forcée.

Comment les chevaliers supportaient-ils 25 kg d’armure ?

Un chevalier en armure complète ne subit pas un poids écrasant, mais une répartition intelligente des charges. Les harnois du XVe siècle sont conçus pour répartir le poids sur l’ensemble du corps : épaules, hanches, cuisses et mollets. Les articulations, comme les genouillères ou les coudières, permettent une liberté de mouvement surprenante.

Sur le terrain, trois facteurs expliquent cette endurance :

  1. L’entraînement physique : Les chevaliers s’entraînent dès l’enfance à monter à cheval, combattre et se déplacer avec une armure. Leur musculature, particulièrement développée au niveau des jambes et du dos, leur permet de supporter des charges importantes.
  2. La répartition du poids : Contrairement à un sac à dos, où le poids repose sur les épaules, une armure répartit la charge sur tout le corps. Un harnois bien ajusté ne pèse pas plus lourd qu’un équipement moderne de soldat (gilet pare-balles + sac).
  3. La mobilité : Les armures médiévales sont conçues pour permettre une grande amplitude de mouvement. Les reconstitutions modernes montrent qu’un chevalier peut courir, sauter, monter à cheval et même se relever seul après une chute.

Une étude menée par l’Université de Leeds en 2011 a testé la mobilité des chevaliers en armure. Les résultats ont montré qu’un homme entraîné pouvait marcher, courir et combattre sans difficulté majeure, même avec un harnois de 25 kg. La consommation d’oxygène augmentait de 30 % par rapport à une marche sans armure, mais restait comparable à celle d’un sportif moderne portant un équipement lourd.

Où voir des armures médiévales en France ?

La France compte plusieurs musées et châteaux où admirer des armures médiévales authentiques. Voici une sélection des lieux incontournables :

  • Châteaux Forts en France : Où Découvrir des Armures et Armes Médiévales : Le château de Castelnaud (Dordogne) abrite une collection exceptionnelle d’armures et d’armes médiévales, avec des reconstitutions de combats. Le château de Pierrefonds (Oise), restauré par Viollet-le-Duc, expose des harnois complets dans ses salles d’armes.
  • Les Musées d’Armes Incontournables en France : Le musée de l’Armée (Paris) possède l’une des plus belles collections d’armures au monde, avec des pièces rares du XVe au XVIIe siècle. Le musée des Beaux-Arts de Lyon expose des armures bourguignonnes et italiennes, tandis que le musée de Cluny (Paris) présente des cottes de mailles et des casques du Moyen Âge.
  • Le château de Langeais (Indre-et-Loire) : Ce château médiéval propose une reconstitution d’un tournoi avec des armures et des armes d’époque. Les visiteurs peuvent essayer des casques et des gants de mailles pour se faire une idée du poids et de la mobilité.
  • Le musée de l’Arme (Mutzig, Alsace) : Spécialisé dans l’histoire militaire, ce musée expose des armures et des équipements du Moyen Âge à la Première Guerre mondiale.

Pour les passionnés, une visite dans ces lieux permet de voir, toucher et comprendre la réalité des armures médiévales, bien loin des clichés hollywoodiens.


Prochaine étape : Si tu débutes dans l’histoire militaire, explore notre guide sur l’armure du chevalier français pour découvrir les pièces qui composent un harnois complet. Pour aller plus loin, consulte notre article sur l’évolution de l’épée du Moyen Âge à la Renaissance, un complément idéal pour comprendre l’équipement des guerriers médiévaux.

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