Armure médiévale complète : liste des 25 pièces et guide détaillé

Une armure médiévale complète se compose de 22 à 28 pièces, réparties en quatre sections : la tête (5 pièces), le torse (6 pièces), les bras (6 pièces) et les jambes (5 à 7 pièces). Chaque élément est conçu pour protéger une zone spécifique tout en permettant une mobilité optimale. Par exemple, le harnois blanc du XVe siècle, utilisé par les chevaliers français, intègre 25 pièces distinctes, pour un poids total de 25 kg. Voici la liste exhaustive, pièce par pièce.
Pièces de l’armure : tête, torse et membres (liste détaillée)
Protection de la tête
- Salade : Casque sans visière, typique du XVe siècle, souvent équipé d’une bavière (protection du menton).
- Barbute : Casque italien ouvert, inspiré des casques grecs, utilisé entre 1440 et 1480.
- Gorgerin : Collier en acier protégeant le cou et la clavicule, fixé à la cuirasse.
- Buffe : Pièce faciale amovible, couvrant le nez et les joues, utilisée avec les armures gothiques.
- Mentonnière : Protection du menton, souvent articulée, intégrée aux armures maximiliennes.
Protection du torse
- Plastron : Pièce avant de la cuirasse, couvrant la poitrine. Pèse entre 4 et 6 kg.
- Dossière : Pièce arrière de la cuirasse, protégeant le dos. Souvent équipée d’une croisière (renfort dorsal). Les flanches sont des plaques latérales articulées, reliant le plastron et la dossière pour assurer une protection latérale tout en préservant la mobilité. La tassette forme une jupe de plaques protégeant le bassin, divisée en tassette haute et tassette basse, tandis que la pansière couvre le ventre, parfois remplacée par une cotte de mailles sous la cuirasse. Enfin, la brigandine offre une alternative légère à la cuirasse, composée de petites plaques rivetées sur un tissu épais.
Protection des bras
- Spallière : Épaulière couvrant l’épaule, souvent asymétrique (la droite est plus large pour le combat).
- Canon d’avant-bras : Tube en acier protégeant l’avant-bras, divisé en canon supérieur et canon inférieur.
- Coudière : Protection du coude, articulée pour permettre le mouvement.
- Gantelet : Gant en acier, avec des métacarpes (protection du dos de la main) et des doigts articulés. Le brassard protège le bras du poignet à l’épaule, composé de plusieurs plaques rivetées, tandis que l’ailette est un renfort métallique sur l’épaule, typique des armures italiennes du XVIe siècle.
Protection des jambes
- Cuissot : Protection de la cuisse, souvent équipé d’une genouillère articulée. La grève est une jambière couvrant le tibia, fixée au cuissot par des charnières. Le soleret constitue une chaussure en acier, parfois dotée de poulaines (pointes allongées) pour les armures gothiques. L’éperon, pièce métallique fixée au talon, servait à diriger le cheval, certains modèles étant en acier damassé. La jartière, bande métallique protégeant le genou, était souvent décorée de gravures, et la botte de mailles complétait la protection sous le soleret, couvrant le pied et la cheville.
Tableau récapitulatif : nom, fonction et période des pièces d’armure
| Pièce | Fonction | Période d’utilisation |
|---|---|---|
| Salade | Protection du crâne sans visière | 1420–1500 |
| Gorgerin | Protection du cou et de la clavicule | 1350–1600 |
| Plastron | Protection de la poitrine | 1380–1650 |
| Spallière | Protection de l’épaule | 1400–1600 |
| Coudière | Protection du coude | 1350–1550 |
| Gantelet | Protection de la main et des doigts | 1450–1600 |
| Cuissot | Protection de la cuisse | 1380–1550 |
| Grève | Protection du tibia | 1350–1600 |
| Soleret | Protection du pied | 1380–1550 |
| Tassette | Protection du bassin | 1400–1550 |
Armure de guerre vs. armure de joute : quelles différences ?
Les armures de guerre et les armures de joute répondent à des besoins distincts, ce qui se traduit par des différences structurelles majeures.
Armure de guerre (XVe–XVIe siècle) Poids : 20 à 28 kg. Épaisseur : plaques de 1,5 à 3 mm d’acier. Conçue pour le combat à pied ou à cheval, elle privilégie la mobilité avec des articulations souples, comme l’armure de Charles VI (1420). Les fantassins utilisaient souvent une brigandine légère pour plus de mobilité. La salade sans visière offrait une meilleure vision, tandis que les gantelets à doigts articulés permettaient de manipuler les armes avec précision.
Armure de joute (XVe–XVIe siècle) Poids : 30 à 40 kg. Épaisseur : plaques de 4 à 6 mm, renforcées aux points d’impact. Rigide, elle était conçue pour résister aux chocs frontaux, le chevalier étant souvent fixé à la selle. Le plastron était renforcé avec une croisière proéminente pour dévier les lances. Le heaume à grille protégeait le visage, tandis que les épaulières asymétriques (la gauche plus large) déviaient les coups. Les cuissots surdimensionnés protégeaient les jambes du cavalier.
Exemple concret : L’armure de joute de Henri VIII (1540), conservée à la Tour de Londres, pèse 42 kg et comporte 30 pièces. Son plastron mesure 6 mm d’épaisseur, contre 2 mm pour une armure de guerre contemporaine.
Où voir des armures complètes en France ? Musées et châteaux
La France abrite plusieurs collections exceptionnelles d’armures médiévales. Voici les lieux incontournables pour observer des harnois complets et des pièces rares.
Le Musée de l’Armée à Paris possède une collection de plus de 2 500 pièces, dont l’armure de Henri II (XVIe siècle) et des harnois italiens du XVe siècle. Sa pièce phare est l’armure de François Ier, en acier damassé, exposée dans la salle des Armures royales. Pour plus d’informations, consultez le site officiel.
Le Musée des Beaux-Arts de Lyon présente des armures bourguignonnes et allemandes, parmi lesquelles un harnois de joute du XVIe siècle. Une salade italienne avec buffe amovible, datée de 1470, y est également exposée. Le Musée de l’Armée de Terre à Draguignan abrite des armures de chevaliers français, avec des exemples de brigandines et de cuirasses du XIVe siècle.
Le Château de Castelnaud en Dordogne propose un musée de la guerre au Moyen Âge, avec des reconstitutions de combats en armure. Une armure de chevalier français du XVe siècle y est notamment exposée. Le Château de Pierrefonds dans l’Oise possède une collection d’armures de siège et de joute, dont un harnois complet restauré. Les solerets à poulaines exposés dans la salle des Preuses valent particulièrement le détour. Le Château de Suscinio en Morbihan présente des armures bretonnes du XIVe siècle, avec des hauberts et des heumes cylindriques.
Pour approfondir, consultez notre guide sur les châteaux forts en France où découvrir des armures.
Prochaine étape : Si vous souhaitez reconstituer une armure ou en acheter une pièce, commencez par étudier les techniques de fabrication des armures médiévales. Pour les collectionneurs, notre guide sur l’équipement complet du chevalier médiéval offre une vue d’ensemble des armes et accessoires associés.