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L'équipement du chevalier au XVe siècle : harnois, armes et accessoires

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L'équipement du chevalier au XVe siècle : harnois, armes et accessoires

Un chevalier du XVe siècle porte un harnois complet pesant entre 25 et 30 kg, composé de 20 à 25 pièces d’acier forgé. Son équipement offensif inclut une épée longue (1,2 à 1,5 m), une dague, une lance de 3 mètres et un écu en bois recouvert de cuir. Une armure gothique coûte l’équivalent de 10 000 à 20 000 euros actuels, soit le prix de deux maisons bourgeoises.

Le harnois gothique : l’armure emblématique du XVe siècle

Le harnois gothique, apparu vers 1420, marque une rupture avec les armures à plates du XIVe siècle. Contrairement à la cotte de mailles, qui protège mal contre les coups d’estoc, le harnois enveloppe le chevalier de plaques d’acier articulées, offrant une protection optimale sans sacrifier la mobilité. Un harnois complet se compose de 20 à 25 pièces, forgées sur mesure par un armurier.

Chaque élément du harnois est conçu pour protéger une partie spécifique du corps, tout en permettant une liberté de mouvement essentielle au combat. Le heaume (bacinet à visière mobile) protège la tête et le visage, avec une visière souvent amovible pesant entre 2 et 3 kg. Le gorgerin, pièce articulée, couvre le cou et la gorge pour un poids de 1 à 1,5 kg. Le plastron, en acier damassé, protège le torse et l’abdomen avec un poids de 4 à 5 kg, résistant aux coups de lance. Les tassettes, jambières articulées, défendent les cuisses et les genoux, chaque pièce pesant 3 à 4 kg. Enfin, les solerets, chaussures en acier souvent à poulaine, pèsent 1,5 à 2 kg par pied.

Les armures du XVe siècle sont forgées en acier doux (teneur en carbone de 0,2 à 0,3 %), plus résistant que le fer mais moins cassant que l’acier trempé. Les pièces sont martelées à chaud, puis polies pendant des semaines pour obtenir une surface lisse, limitant les risques de blocage par un coup d’épée.

Pièce du harnoisPoids (kg)MatériauFonction principale
Heaume (bacinet)2-3Acier forgéProtection de la tête et du visage
Gorgerin1-1,5Acier damasséProtection du cou
Plastron4-5AcierProtection du torse
Tassettes3-4 (x2)Acier rivetéProtection des cuisses
Solerets1,5-2 (x2)Acier et cuirProtection des pieds

Une armure gothique coûte entre 10 et 20 florins, soit l’équivalent de 10 000 à 20 000 euros aujourd’hui. Ce prix varie selon la complexité des gravures et la renommée de l’armurier. À titre de comparaison, un cheval de guerre vaut 30 à 50 florins.

Pour réduire les coûts, certains chevaliers optent pour un harnois partiel, combinant plates et cotte de mailles. Cependant, cette solution offre une protection inférieure contre les armes d’hast.

Pour comprendre l’évolution des armures avant le XVe siècle, consultez notre article sur l’armure du chevalier français au Moyen Âge.

Les armes offensives du chevalier : épée, lance et armes d’hast

L’équipement offensif d’un chevalier au XVe siècle est conçu pour percer les armures et désarçonner l’adversaire. La lance et les armes d’hast dominent les champs de bataille, tandis que l’épée reste polyvalente.

L’épée longue (longsword en anglais) mesure 1,2 à 1,5 m pour un poids de 1,2 à 1,8 kg. Elle est maniable à une ou deux mains, avec une lame effilée pour percer les armures. Les modèles les plus prisés possèdent une garde en forme de fleur de lys. Longueur totale : 1,2 à 1,5 m. Poids : 1,2 à 1,8 kg. Usage : frappe d’estoc et de taille.

La dague, mesurant 30 à 50 cm, se glisse dans un fourreau fixé à la ceinture. Les modèles comme la dague miséricorde possèdent une lame triangulaire pour s’insérer entre les plates.

La lance de cavalerie mesure 2,5 à 3,5 mètres et pèse 2,5 à 4 kg. Elle est conçue pour désarçonner l’ennemi lors d’une charge. Les lances de tournoi, plus lourdes, sont équipées d’un vamplate et d’une pointe émoussée.

Les armes d’hast, fixées sur un manche de 1,8 à 2,2 mètres, sont redoutables contre les cavaliers. La hallebarde permet de frapper et d’accrocher, tandis que la masse d’armes brise les armures par impact.

3 armes indispensables pour un chevalier au XVe siècle :

  1. Épée longue : Polyvalente, efficace contre les armures.
  2. Dague : Arme de secours en combat rapproché.
  3. Lance : Arme principale pour la charge.

Découvrez l’évolution de l’épée du Moyen Âge à la Renaissance dans notre analyse détaillée.

Les accessoires du chevalier : de la ceinture aux éperons

Les accessoires améliorent le confort et l’efficacité du chevalier au combat.

L’écu du XVe siècle mesure 60 à 80 cm de haut et pèse 3 à 5 kg. En bois recouvert de cuir, il est parfois renforcé de métal. Les écus de tournoi, comme le pavois, sont plus grands et fixés au bras.

Le baudrier est une ceinture large en cuir épais, servant à porter l’épée et la dague. Les modèles de qualité coûtent 1 à 2 florins. La ceinture de plates est une sangle en cuir renforcée de plaques d’acier, fixée autour de la taille pour maintenir les tassettes et le plastron.

Les gantelets protègent les mains et les avant-bras, avec des articulations permettant de tenir les rênes ou l’épée. Les éperons, fixés aux solerets, permettent de diriger le cheval. Les modèles nobles, en fer forgé, coûtent jusqu’à 10 florins.

Le surcot est un vêtement sans manches porté par-dessus l’armure, souvent aux couleurs du seigneur. En laine ou en soie, il amortit les chocs.

Pour en savoir plus sur les accessoires de tournoi, lisez notre article sur les châteaux forts en France où découvrir des armures médiévales.

L’équipement du chevalier en bataille vs. tournoi

L’équipement varie selon l’usage :

En bataille, le chevalier privilégie la mobilité. Son harnois est allégé, avec un bacinet à visière mobile. Les armes sont choisies pour leur efficacité : épée longue, masse d’armes et dague.

En tournoi, l’équipement est renforcé pour la sécurité. L’armure de joute pèse 30 à 35 kg, avec un plastron épais et un heaume à grille fixe. La lance de joute mesure 3,5 mètres.

ÉlémentBatailleTournoi
ArmureHarnois complet (25-30 kg)Armure de joute (30-35 kg)
HeaumeBacinet à visière mobileHeaume à grille fixe
ÉpéeÉpée longue (1,2-1,5 m)Feder (lame émoussée)
LanceLance de cavalerie (2,5-3 m)Lance de joute (3,5 m)
ÉcuÉcu léger (3 kg)Pavois (5-7 kg)

Les tournois médiévaux ont inspiré des armures spectaculaires, comme celles exposées dans les musées d’armes incontournables en France.

Comment s’équipe un chevalier ? Les étapes d’habillage

S’équiper pour la bataille ou le tournoi nécessite l’aide d’un écuyer. Voici les étapes clés :

  1. Le gambison : Vêtement rembourré porté sous l’armure pour amortir les chocs.
  2. La cotte de mailles (optionnelle) : Composée de 20 000 à 30 000 anneaux, elle pèse 10 à 15 kg.
  3. Le harnois pièce par pièce :
    • Jambières (tassettes + solerets).
    • Plastron et dossière, fixés par des sangles.
    • Gantelets et heaume en dernier.
  4. Les armes : Ceinture de plates, baudrier, lance ou masse d’armes.
  5. Le cheval : Bardage, selle renforcée et rênes doublées.

5 erreurs à éviter lors de l’habillage :

  1. Oublier le gambison.
  2. Serrer trop les sangles.
  3. Mal fixer le heaume.
  4. Négliger les gantelets.
  5. Oublier de vérifier les articulations.