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Les armes des chevaliers médiévaux : guide complet des 5 armes emblématiques

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Les armes des chevaliers médiévaux : guide complet des 5 armes emblématiques

Les armes des chevaliers médiévaux se répartissent en cinq catégories principales : l’épée, la lance, la hache, la masse d’armes et la dague. Entre le XIIe et le XVe siècle, ces armes évoluent pour s’adapter aux changements tactiques et aux progrès métallurgiques. Une épée longue typique mesure 90 à 120 cm et pèse 1,2 à 1,8 kg, tandis qu’une lance de cavalerie atteint 3,5 mètres pour 4 kg. Leur usage varie selon le contexte : guerre, tournoi ou duel judiciaire.

Les 5 armes principales du chevalier médiéval

Le chevalier médiéval ne partait jamais au combat sans un arsenal adapté à son statut et à sa mission. Voici les cinq armes qui ont marqué son histoire, avec leurs caractéristiques techniques et leur rôle sur le champ de bataille.

ArmeLongueurPoidsMatériauxUsage principal
Épée longue90–120 cm1,2–1,8 kgAcier carbone, damasCombat rapproché, duel
Lance2,5–3,5 m2–4 kgBois de frêne, pointe en acierCharge de cavalerie
Hache danoise1,5–1,8 m1,5–2,5 kgFer forgé, manche en frêneBriser les armures
Masse d’armes60–90 cm1–2 kgFer, tête cloutéeFrapper à travers les armures
Dague30–50 cm0,5–1 kgAcier, manche en bois ou osCoup de grâce, défense rapprochée

L’épée longue reste l’arme la plus emblématique, mais la lance domine les batailles rangées. La hache danoise, avec sa lame large, perce les armures, tandis que la masse d’armes écrase les os sous le métal. La dague, enfin, sert d’arme de secours ou pour achever un adversaire à terre.

Pour approfondir l’équipement complet d’un chevalier, consultez notre guide sur l’équipement du chevalier au XVe siècle.


Épée de chevalier : modèles, évolution et symbolique

L’épée incarne l’âme du chevalier. Entre le XIIe et le XVe siècle, elle évolue pour répondre aux besoins tactiques et aux progrès de la métallurgie. On distingue trois grands types d’épées médiévales.

L’épée à une main, utilisée entre le XIIe et le XIIIe siècle, mesure 70 à 90 cm pour un poids de 1 à 1,3 kg. Conçue pour le combat à cheval ou à pied, elle s’associe souvent à un bouclier. Un exemple célèbre est l’épée de type X selon la classification d’Ewart Oakeshott.

L’épée longue, apparue entre le XIVe et le XVe siècle, s’étend sur 90 à 120 cm et pèse 1,2 à 1,8 kg. Maniée à deux mains, elle est idéale contre les armures, comme en témoigne l’épée de type XVa utilisée pendant la guerre de Cent Ans.

Enfin, l’épée de tournoi, développée au XVe siècle, mesure 90 à 110 cm pour un poids de 1,5 à 2 kg. Sa lame émoussée et sa pointe arrondie en font une arme sûre pour les joutes.

L’épée n’est pas seulement une arme : elle symbolise le statut social du chevalier. Les lames les plus prestigieuses, forgées à Passau ou Tolède, portent des inscriptions religieuses ou des motifs damassés. Les épées de cérémonie, comme Joyeuse, sont richement décorées et transmises de génération en génération.

Pour retracer l’évolution détaillée de l’épée, lisez notre article sur l’évolution de l’épée du Moyen Âge à la Renaissance.


Lance et armes d’hast : l’arme reine de la cavalerie

La lance est l’arme la plus redoutée des chevaliers. Conçue pour la charge de cavalerie, elle permet de frapper l’ennemi avant même d’entrer en contact. On distingue deux types principaux.

La lance de guerre, longue de 2,5 à 3,5 mètres et pesant 2 à 4 kg, est équipée d’une pointe en acier affûtée. Certaines versions intègrent un vamplate, un disque métallique protégeant la main. Un exemple célèbre est la lance utilisée à la bataille de Hastings en 1066.

La lance de tournoi, plus longue (3 à 4 mètres) et plus lourde (3 à 5 kg), possède une pointe émoussée et une section carrée pour limiter les blessures. Elle était couramment employée dans les joutes, comme celles organisées à la cour de Bourgogne au XVe siècle.

Les armes d’hast complètent cet arsenal. La guisarme, avec sa lame courbe fixée sur une hampe de 2 mètres, sert à désarçonner les cavaliers. Le vouge, doté d’une lame large et tranchante, frappe les chevaux ou les fantassins. La hallebarde, combinant hache et pointe, est popularisée par les mercenaires suisses au XVe siècle. Ces armes, bien que moins prestigieuses, jouent un rôle clé en maintenant l’ennemi à distance.


Armes de choc : haches, masses et marteaux d’armes

Face à l’amélioration des armures médiévales, les chevaliers adoptent des armes capables de percer ou d’écraser le métal. Les armes de choc deviennent indispensables à partir du XIVe siècle, lorsque les harnois complets se généralisent.

La hache danoise, longue de 1,5 à 1,8 mètre et pesant 1,5 à 2,5 kg, se distingue par sa lame large et courbe. Elle peut trancher un membre ou briser un bouclier, comme le faisaient les Vikings avant d’être adoptée par les chevaliers normands.

La masse d’armes, mesurant 60 à 90 cm pour un poids de 1 à 2 kg, possède une tête en fer cloutée ou à ailettes. Conçue pour infliger des traumatismes sans percer l’armure, elle se décline en variantes comme le fléau d’armes, équipé d’une chaîne et d’une boule cloutée.

Le marteau de Lucerne, long de 1 à 1,5 mètre et pesant 2 à 3 kg, combine un marteau et une pointe. Capable de transpercer une armure ou d’assommer un adversaire, il est popularisé pendant la guerre de Cent Ans.

Ces armes, bien que moins élégantes que l’épée, sont redoutablement efficaces. Une hache danoise peut sectionner un bras protégé par une cotte de mailles, tandis qu’un marteau de Lucerne brise les os sous une armure. Pour comprendre leur intégration dans l’équipement du chevalier, lisez notre article sur le poids réel d’une armure médiévale.


Comment identifier une arme de chevalier authentique ?

Pour les collectionneurs, distinguer une arme médiévale authentique d’une reproduction moderne est essentiel. Voici les critères à vérifier.

Les marquages constituent un premier indice. Les épées médiévales portent souvent le poinçon du forgeron, comme une croix pour les épées de Passau ou un loup pour celles de Solingen. Les lames importées d’Espagne ou d’Italie peuvent comporter des inscriptions en arabe ou en latin.

Les matériaux offrent un autre indicateur. Les épées médiévales sont forgées en acier carbone ou en damas, reconnaissable à son motif ondulé. Les manches, en bois (frêne, chêne), en os ou en ivoire pour les modèles de luxe, diffèrent des reproductions modernes utilisant du plastique ou du métal léger.

L’usure révèle également l’authenticité. Une arme ancienne présente une patine uniforme et des traces d’usure cohérentes avec son âge. Les armes trop neuves ou trop décoratives doivent éveiller la méfiance.

Le poids et l’équilibre sont des critères techniques importants. Une épée médiévale pèse entre 1,2 et 1,8 kg, avec un centre de gravité situé à 10–15 cm de la garde. Les reproductions modernes sont souvent trop légères ou mal équilibrées.

Enfin, la provenance garantit la fiabilité. Les armes issues de collections privées ou de ventes aux enchères spécialisées (Drouot, Christie’s) sont plus fiables que celles vendues sur des sites généralistes. Un certificat d’authenticité délivré par un expert agréé est indispensable.

Pour estimer la valeur d’une arme ancienne, consultez notre guide sur l’estimation des armes de collection.


Prochaine étape : Si vous souhaitez approfondir l’histoire des armures, lisez notre article sur l’armure complète du chevalier au Moyen Âge. Pour les collectionneurs, notre guide pour acheter une arme ancienne détaille les précautions à prendre avant tout achat.